L’Art Modeste fait des créations marginales et des territoires périphériques le cœur de sa réflexion ; il favorise la circulation des regards entre culture savante et culture populaire.
Ouvert sur le monde et ses multiples réalités, il se propose de dépasser les frontières des genres, de traverser les cultures et d’éclairer les productions modestes trop vite reléguées au second plan mais qui pourtant ont toujours été source d’inspiration pour les artistes.
L’Art Modeste se pose comme un espace de débat et de dialogue, « laboratoire de recherches », fortement engagé sur des questions de décloisonnement artistique et de diversité culturelle, et souvent tourné vers l’étude des phénomènes de société qui donnent lieu à des expressions artistiques nouvelles.

Fondé par les artistes Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, le Musée International des Arts Modestes (MIAM) a ouvert ses portes à Sète en novembre 2000, en partenariat avec la ville et avec le soutien du Ministère de la culture.
La programmation du Musée, assurée par « l’Association de l’art modeste » présidée par Hervé Di Rosa fait appel à de nombreux artistes et commissaires.
Des expositions inaugurales Mexico Mexico! et Fait Maison à Manila Vice, un regard sur la création contemporaine philippine (2013), en passant par Narcochic Narcochoc, Graffiti Stories, Bang Bang, My Winnipeg ou Glomiam, les 20 ans de Gloland, le MIAM a produit plus de trente expositions, abordant des expressions artistiques et des scènes jusque-là peu ou pas explorées.
La plupart de ces expositions ont permis de montrer côte à côte des productions artistiques populaires ou marginales et des œuvres d’artistes contemporains (Orlan, Bruno Peinado, Gérard Collin Thiébaut, Manuel Ocampo, Christian Marclay…) et de construire des partenariats avec d’autres institutions culturelles publiques et privées, comme le Musée d’art et d’industrie de Saint-Etienne, le Musée de l’abbaye Sainte-Croix aux Sables d’Olonne, le Musée d’Art moderne Lille-Métropole , la Maison Rouge, autant de collaborations qui permettent d’élargir l’audience de l’Art Modeste et d’en enrichir ses contours.

Le MIAM abrite les collections de ses deux fondateurs, constituées de milliers d’objets emblématiques de l’art modeste, objets aimés et collectionnés, manufacturés ou artisanaux: toutes sortes de " bibelots ", figurines et gadgets, qui participent de "l'archéologie de l'enfance " et nous touchent par leur force visuelle.
Un ensemble de créations ont également été réalisées pour le musée dans le cadre de la commande publique : les sculptures de Théodore et Calixte Dakpogan, la maquette futuriste de Bodys Isek Kingelez, et les pièces musicales de Pascal Comelade et Général Alcazar.
La cour intérieure du MIAM accueille Le jardin des plantes modestes, conservatoire des « mauvaises herbes » réalisé par l’artiste-botaniste Liliana Motta.

Sous le label de « La petite épicerie », le MIAM mène, en partenariat avec l’Ecole Municipale des Beaux-Arts de Sète une action importante en matière de sensibilisation, prioritairement en direction des jeunes publics.

La fréquentation annuelle du MIAM se situe aujourd’hui entre 35 et 40 000 visiteurs.

Forte de cette riche expérience, l’Association de l’Art Modeste, poursuit son action dans deux directions privilégiées : d’une part l’exploration des scènes artistiques périphériques et/ou méconnues : après la Caraïbe, les Philippines et Winnipeg, viendront Séville et Providence ; d’autre part, la mise en place de programmes de recherche universitaire sur l’Art modeste, pour lesquels des contacts sont en cours en France et à l’étranger.

Aujourd’hui, le pari de l’art modeste est gagné et de grandes institutions culturelles n’hésitent plus à emprunter les chemins de traverse défrichés par le MIAM.
Fidèle à ces origines et à l’écoute des évolutions du monde, l’Association de l’Art Modeste persiste et signe : pour les confrontations improbables entre art contemporain, arts populaires et arts singuliers d’ici et d’ailleurs, pour le questionnement des relations de l’œuvre à la collection et de la collection à l’exposition, pour l’effacement des frontières entre artiste et commissaire, enfin pour la générosité du regard de tous les publics.